Les parasites intestinaux

 

Importance et prévalence

Les parasites intestinaux sont très fréquents chez les chats et les chiens. Ils sont contagieux, aussi bien pour les autres animaux que pour l’homme. Afin de dépister plus facilement ces parasites chez les chiens et chats, IDEXX a mis au point un kit de diagnostic innovant appelé PetChek IP. Celui-ci détecte les parasites suivants :

  • Les ascarides : Toxocara cati et canis et Toxascaris leonina
  • Les ankylostomes : Ankylostoma caninum, Uncinaria stenocephala
  • Les trichures: Trichuris vulpis
  • Giardia sp.

En Europe, la prévalence de ces vers varie de 0,1 à 6% :

La prévalence de T.canis chez les chiens est 4,4% alors que celle de T.cati chez les chats est 5,9 %1.

La prévalence des ankylostomes chez le chien est de 3,5 %1. Chez les chats, elle est de 0,7%1.

Quant à Trichuris vulpis, la prévalence est de 1,6% chez le chien. Chez le chat elle est de 0,1%1.

En ce qui concerne Giardia sp, la prévalence varie également selon les études mais on peut considérer qu’elle est de l’ordre :

  • De 8%2 à 17,7%1 chez les chiens adultes
  • De 36% à 50% chez les chiots de moins de 6 mois2 qui sont porteurs du parasite
  • Jusqu'à 100 % en chenil ou en refuge2
  • De 4%2 à 10,1%1 chez les chats, tout âge confondu.

 

Pathogénie

Les parasites intestinaux détectés par PetChek IP effectuent des cycles qui sont assez complexes.
Pour Toxocara canis, le cycle dépend à la fois de l’hôte, de son âge (cycle différent si le chiot a moins ou plus de six mois) et du sexe de celui-ci (cycle différent chez une femelle allaitante ou chez un mâle adulte).

Pour résumer et simplifier le cycle on peut dire que les œufs sont rejetés dans le milieu extérieur et l’embryon qu’il contient évolue en larve 1 puis en larve 2 infestante en fonction des conditions climatiques. Dans un environnement favorable, les œufs peuvent survivre jusqu’à deux ans.

Ils sont ensuite ingérés par un mammifère comme le chien ou l'homme (via des légumes contaminés par exemple). Les larves sont libérées dans l'intestin, et peuvent traverser la paroi intestinale pour atteindre la circulation sanguine.
Chez l'humain, les larves ne peuvent pas parvenir à maturité, elles vont donc migrer dans l'organisme en touchant divers organes, puis finissent par mourir.

Chez le chien, elles atteignent le foie, le cœur, puis les poumons via les artères pulmonaires. S’il s’agit d’un chiot de plus de 6 mois les larves peuvent s’enkyster dans différents organes (et si l’animal est une femelle elles peuvent rester latentes plusieurs années et se réveiller à l’occasion d’une gestation). Chez les chiots de moins de 6 mois, les larves remontent ensuite jusqu'à la trachée, où elles seront dégluties et pourront évoluer en adulte en retournant dans l'intestin. Elles peuvent alors s'y reproduire pour pondre des œufs qui seront rejetés dans les selles.3

Le cycle est similaire chez le chat avec Toxocara cati.

Pour les Ankylostoma caninum, les œufs éclosent dans l’environnement et donnent des larves, qui avec leurs crochets peuvent pénétrer la peau de l’hôte, ou être ingérées. Il s’ensuit un cycle dans l’hôte ou la larve se développe dans son tube digestif pour donner des vers adultes, qui se reproduisent. Des œufs sont ensuite relargués dans l’environnement.3-5

Pour les Trichuris vulpis, le cycle est relativement simple : les femelles présentes dans le gros intestin émettent des œufs qui sont éliminés dans les matières fécales. L’infestation du chien se fait par ingestion d’œufs qui contiennent des larves infestantes. Les larves éclosent dans l’intestin grêle et gagnent le caecum.4

Quant à Giardia sp, le chien ou le chat se contaminent en ingérant des kystes (forme enkystée de Giardia sp) situés dans le milieu extérieur (ingestion d'eau contaminée, léchage du sol, léchage des gamelles, ...). Sous l'action des sucs digestifs, le kyste est lysé au niveau de début de l'intestin grêle et libère des trophozoïtes (forme flagellée de Giardia sp).

Ces derniers sont mobiles : ils se déplacent le long de la muqueuse digestive, puis se reproduisent et reforment des kystes.

Ces kystes seront par la suite éliminés dans le milieu extérieur par les selles, une à deux semaines après l'infection.


Présentation clinique

Les symptômes dépendent surtout de la quantité d'œufs ingérés et de la fréquence de réinfestations.
Généralement, les Toxocara, Ankylostomes, Trichures ou Giardia sp sont responsables de troubles digestifs bénins mais on observe aussi des formes plus graves. Les Toxocara sont parfois responsables de formes dites de « larva migrans », causées par la migration des larves hors des zones habituelles. Elles peuvent être viscérales. On parle de « Larva Migrans Viscérale », qui touchent divers organes, notamment les poumons et le foie. On observe alors une asthénie chronique, une respiration sifflante avec toux, une hépatosplénomégalie (augmentation du volume du foie et de la rate). Il y a aussi des « Larva Migrans Oculaire », atteinte de l'œil par le parasite qui va provoquer des réactions inflammatoires à l'origine d'une perte de la vision, de strabisme (lésions maculaires) et autres lésions.

Parfois les larves peuvent atteindre le système nerveux central ou périphérique. Selon la zone touchée, cela peut provoquer diverses manifestations neurologiques graves, par exemple une méningo-encéphalite, ou une myélite.

Les Ankylostomes peuvent être également responsables de diarrhées hémorragiques, anémies et pertes de poids importantes.

Les Trichures peuvent aussi provoquer une baisse du ratio Na/K, on observe alors un pseudo syndrome d’Addison.

 

Tests diagnostiques

Avantages de la technique ELISA

Actuellement la méthode de flottation est la plus utilisée pour mettre en évidence les œufs des parasites fécaux. Mais l’excrétion des œufs est tardive et intermittente. IDEXX a mis au point une technique ELISA qui détecte un marqueur spécifique par groupe de nématode (biomolécule excrétée par les ascarides/Ankylostomes/Trichures). Ce marqueur met en évidence le nématode, et non l’œuf, d’où une détection plus précoce des vers, avant que ceux-ci ne soient adultes et prêts pour la reproduction.

Pour Giardia sp, c’est également une technique ELISA, celle du SNAP Giardia, qui est utilisée et met en évidence un antigène soluble de la paroi du kyste de Giardia sp dans les matières fécales.

 

Méthode antigénique VS méthode de flottation

Méthode ELISA Méthode par Flottation    
Méthode ELISA non opérateur-dépendant. Faux positifs en présence de pollen et de débris d’œufs
Identification des parasites adultes et non des œufs Erreur d’identification lors de coprophagie8
Identifie l’infestation dès que le parasite est présent Manque les infestations précoces et en cas de parasites de même sexe
Un seul prélèvement de 2 g suffit (10% de la quantité nécessaire par rapport à la méthode par flottation) Prélèvement sur plusieurs jours préférable (excrétion intermittente)
Détecte les parasites dans la période pré patente, jusqu’à 30 jours plus tôt que la méthode de flottation.

Identification tardive, et limitée aux infestations à parasite adulte qui excrète des œufs.

 

Il existe de nombreux vermifuges sur le marché vétérinaire. Certains vermifuges ont un spectre complet (ils agissent sur les nématodes et les cestodes), mais l’animal peut malheureusement se ré-infester très rapidement, en cas de pression parasitaire forte de l’environnement. Utiliser PetChek IP permet alors de vérifier si la fréquence de vermifugation est suffisante. D’autres vermifuges sont incomplets (ils n’agissent pas sur tous les vers), c’est pourquoi tester avant de vermifuger permet de mieux cibler les parasites concernés. Enfin, certains propriétaires pensent donner un comprimé, mais l’animal ne l’avale pas si facilement… PetChek IP permet alors de vérifier si les vers ont bien été éliminés.



Références bibliographiques

  1. Données non publiées, extraites des analyses envoyées au Laboratoire IDEXX dans le cadre des analyses avec le kit Petchek ™ IP en 2017. Petchek ™ IP détecte avec une méthode ELISA les antigènes des Giardia sp, Toxocara cati et canis , Toxascaris leonina, Trichuris vulpis et Ankylostoma caninum.
  2. Kirkpatrick CE : Enteric protozoal infections, in Greene CE (ed) : Infectious Diseases of the Dog and Cat. Philadelphia, WB Saunders, 1990, pp 804-814
  3. Coprophagy in dogs interferes in the diagnosis of parasitic infections by faecal examination R. Nijssea,∗, L. Mughini-Grasa,b, J.A. Wagenaara,c, H.W. Ploegera
  4. Evaluation of fecal samples from dogs with naturally acquired gastrointestinal nematodes for coproantigen of Trichuris vulpis, Toxocara canis, and Anyclostoma caninum. Chris Adolph1*, David Elsemore2, Jennifer Cote2, Rita Hanna2, Jinming Geng2, Susan Little1. 1Center for Veterinary Health Sciences, Oklahoma State University, Department of Veterinary Pathobiology, Stillwater, OK, and 2IDEXX Laboratories, Inc., Rapid Assay, Westbrook, ME. American Association of Veterinary Parasitologists 59th Annual Meeting, 26-29 July 2014