Syndrome d'immunodéficience acquise du chat (FIV)


Importance et prévalence

Il s’agit d’une des maladies infectieuses les plus courantes chez le chat. La prévalence du FIV au sein de la population féline est estimée à environ 1 à 5%. Les chats malades, les chats qui présentent des morsures ou des signes de maladies bucco-dentaires, les mâles entiers, les chats vivant en collectivité et les chats errants présentent davantage de risques d’être infectés.
La transmission a lieu le plus souvent lors des bagarres ou d’accouplements avec morsure ou lors de transfusion. Le pouvoir infectieux du FIV peut diminuer rapidement dans l’environnement extérieur. Le virus est par ailleurs sensible à tous les désinfectants, y compris le savon ordinaire.

Pathogénie

Le virus de l’immunodéficience féline (FIV) est un rétrovirus très proche du virus du SIDA touchant la plupart des félidés. Il infecte dans un premier temps les lymphocytes pour s’intégrer à leur ADN.

Présentation clinique

L’infection par le FIV présente une longue phase de latence clinique pendant laquelle les chats infectés ne présentent aucun signe clinique. Cette phase « asymptomatique » peut durer pendant plusieurs années. Le dépistage réalisé sur un animal apparemment sain avant introduction dans une collectivité, à l’adoption, avant la vaccination, après un contact avec un congénère potentiellement infecté ou avant une transfusion est donc primordial, et ce, indépendamment d’un résultat négatif à un test antérieur.

La plupart des signes cliniques ne sont pas la conséquence directe de l’infection par le FIV mais de l’immunodéficience qui en résulte. Les manifestations typiques comprennent :

  • Une gingivo-stomatite chronique
  • Une rhinite chronique,
  • Une lymphadénopathie
  • Une perte de poids,
  • Une insuffisance rénale associée à une glomérulonéphrite à médiation immune
  • Tout type d’affection chronique et/ou récidivante…

Dans une étude interne, 19% des chats testés car présentant des signes de maladies bucco-dentaires étaient séropositifs pour le FIV.

Tests diagnostiques

Il comprend des tests sérologiques rapides effectués au chevet du patient utilisant la technologie ELISA (SNAP Combo Plus) ou immunomigration. Les tests SNAP offrent la technologie ELISA d’un laboratoire de référence pour une sensibilité et une spécificité supérieures, et ce, en temps réel au chevet du patient.

Les principales indications du test sont les suivantes : chats apparemment sains dans le cadre d’un dépistage (voir paragraphe précédent), chats malades, chats qui présentent des morsures ou des signes de maladies bucco-dentaires, les mâles entiers, les chats vivant en collectivité, les chats ayant un accès à l’extérieur (donc potentiellement continuellement exposés), les chats errants…

Les tests positifs obtenus sur des chats issus d’une population à faible prévalence ou à risque faible d’exposition devront être confirmés par analyses sérologiques ou PCR au laboratoire de référence IDEXX. Les chatons issus de mères infectées peuvent présenter une séropositivité, due à la persistance des anticorps d’origine maternelle et doivent être de nouveau testés à l’âge de 16 semaines. Exceptionnellement, les chatons peuvent rester séropositifs jusqu’à l’âge de 6 mois.

Prise en charge et suivi diagnostique

Les chats ne doivent jamais être euthanasiés uniquement sur la base d’un résultat positif au test FIV. Les chats infectés par le FIV peuvent avoir une espérance de vie similaire à celle de chats non-infectés. La castration est recommandée afin de réduire les agressions potentielles et le risque de transmission par morsure. Les chats infectés par le FIV doivent être soumis à des visites de contrôle régulières (tous les 6 mois) comprenant systématiquement des analyses biochimiques et hématologiques et un suivi du poids. Un diagnostic précis et rapide des infections secondaires est essentiel. Dans les refuges ou les collectivités, les chats infectés FIV doivent être logés individuellement afin d’éviter la transmission de l’infection (les chats séropositifs doivent au minimum être séparés des autres chats).



Références bibliographiques

  1. Bęczkowski PM, Litster A, Lin TL, Mellor DJ, Willett BJ, Hosie MJ (2015). Contrasting clinical outcomes in two cohorts of cats naturally infected with feline immunodeficiency virus (FIV), Vet Microbiol 176: 50-60.
  2. Levy JK, Scott HM, Lachtara JL, Crawford PC (2006). Seroprevalence of feline leukemia virus and feline immunodeficiency virus infection among cats in North America and risk factors for seropositivity. J Amer Vet Med Assoc 228: 371–376.
  3. Litster AL (2014). Transmission of feline immunodeficiency virus (FIV) among cohabiting cats in two cat rescue shelters. Vet J 201: 184-188.
  4. Polak KC, Levy JC, Crawford PC, Leutenegger CM, Moreillo KA (2014). Infectious diseases in large-scale cat hoarding investigations. Vet J 201: 189–195