Virus de la leucose féline (FeLV)

 

Pathogénie

Le virus de la leucose féline est un gamma rétrovirus affectant les chats domestiques ainsi que quelques espèces félines sauvages. Il s’agit d’un virus à ARN enveloppé qui utilise l’ADN de l’hôte pour se répliquer. Le brin d’ARN est transcrit en ADN qui va ensuite intégrer l’ADN de l’hôte. L’ADN viral intégré à l’ADN de l’hôte est appelé provirus.
 

Prévalence et transmission

Le FeLV présente une large distribution à travers le monde et sa prévalence est influencée par les densités des populations félines. Chez les animaux vivant seul, la prévalence est inférieure à 1% alors qu’elle peut atteindre les 20% dans les collectivités. Au cours des 25 dernières années, la prévalence du FeLV a fortement diminuée en raison de l’introduction d’un vaccin très efficace. Une étude interne récente, réalisée sur 3808 chats présentant des signes de maladies bucco-dentaires, a révélé que 8% des patients ont été diagnostiqués positifs au FeLV. Il est donc important, malgré une prévalence générale plutôt faible de tester tous les animaux à risque ou suspects (collectivités, signes de maladies bucco-dentaires…) . Le FeLV ne survit pas longtemps en dehors de l’hôte en raison de sa sensibilité aux désinfectants, savon, à la chaleur et à la dessiccation. Mais la transmission est possible via les aiguilles, les instruments chirurgicaux et les transfusions. Les chats FeLV virémiques (dont le virus est circulant ) constituent une source d’infection. Le virus est excrété dans la salive, les sécrétions nasales, les fèces et le lait. Les facteurs de risque sont le jeune âge, les fortes densités de population et la mauvaise hygiène. L’infection est principalement transmise par le léchage mais également par les morsures. Chez les femelles FeLV gestantes, on observe de la mortinatalité, des avortements ou une séropositivité des chatons. Un animal nouvellement acquis ou sur le point d’être vacciné pourra donc être testé.
 

Présentation clinique

L’infection au FeLV entraîne de multiples signes cliniques. Les plus courants étant un déficit immunitaire, une anémie et un lymphome. Le pronostic des chats atteints est mauvais et la grande majorité décèderont dans les 3 ans. D’autres resteront virémiques et en bonne santé plusieurs années avant de développer une pathologie associée au FeLV.
 

Tests diagnostiques

Le premier test à se positiver après une infection est généralement l’isolement viral, suivi quelques jours après par la PCR, l’ELISA et plus tardivement l’IFA. Un test rapide utilisant la technologie ELISA (semblable à celle employée par le laboratoire de référence) a été développé par IDEXX : il s’agit du SNAP Combo Plus FeLV/FIV. Ce test réalisable au chevet du patient permet de dépister ou de diagnostiquer les animaux virémiques . Les autres méthodes de diagnostic sont exclusivement disponibles au laboratoire de référence. Les chats virémiques persistants sont généralement positifs à tous les tests. La prévalence de l’affection ayant fortement diminuée ces dernières années, un résultat positif par ELISA chez un chat en bonne santé devra toujours être confirmé par PCR. Les chats positifs peuvent se négativer après 2 à 6 semaines et parfois ultérieurement. C’est pourquoi, les chats en bonne santé devront être séparés et retestés quelques semaines à quelques mois après.

Prise en charge et suivi diagnostique

Les chats FeLV devront être strictement confinés afin de limiter les contaminations. Les chats FeLV asymptomatiques devront avoir un bilan médical tous les 6 mois. Si un chat est dépisté FeLV dans une collectivité, tous les chats devront être testés. La vaccination des chats sains ainsi que la mise à l’écart des chats FeLV positifs devront être mis en place.



Références bibliographiques

  1. Englert T, Lutz H, Sauter-Louis C, Hartmann K (2012). Survey of the feline leukemia virus infection status of cats in Southern Germany. J Feline Med Surg 14:392-398.
  2. Little S (2011). A review of feline leukemia virus and feline immunodeficiency virus seroprevalence in cats in Canada. Vet Immunol Immunopathol 143:243-245.
  3. Meli ML, Cattori V, Martinez F, Lopez G, Vargas A, Simon MA, Zorrilla I, Munoz A, Palomares F, Lopez-Bao JV, et al (2009). Feline leukemia virus and other pathogens as important threats to the survival of the critically endangered Iberian lynx (Lynx pardinus). PLoS One 4:e4744.
  4. Möstl K, Egberink H, Addie D, Frymus T, Boucraut-Baralon C, Truyen U, et al. Prevention of infectious diseases in cat shelters. ABCD guidelines. J Feline Med Surg 2013; 15: 546-554.
  5. Mora M, Napolitano C, Ortega R, Poulin E, Pizarro-Lucero J (2015). Feline Immunodeficiency Virus and Feline Leukemia Virus Infection in Free-Ranging Guignas (Leopardus Guigna) and Sympatric Domestic Cats in Human Perturbed Landscapes on Chiloe Island, Chile. J Wildl Dis 51:199-208.
  6. Pinches MD, Diesel G, Helps CR, Tasker S, Egan K, Gruffydd-Jones TJ (2007). An update on FIV and FeLV test performance using a Bayesian statistical approach. Vet Clin Pathol.;36(2):141-7.
  7. Sand C, Englert T, Egberink H, Lutz H, Hartmann K (2010). Evaluation of a new in-clinic test system to detect feline immunodeficiency virus and feline leukemia virus infection. Vet Clin Pathol 39:210-214.